Sur les réseaux sociaux, les hommes et les femmes ne sont pas jugés avec la même balance.

Quand un homme s'affiche publiquement, ses écarts de conduite sont trop fréquemment minimisés et les conséquences, quasi inexistantes.

En revanche, pour la femme, bien souvent avant qu'elle-même ne s'affiche, d'autres la devancent… sur sa propre vie et sans aucun droit à l'erreur, pas même la plus banale. Elle doit à la société d'être une professionnelle accomplie, une enfant modèle, une épouse irréprochable et une mère parfaite. Le moindre écart par rapport à cette image d'Épinal la transforme en cible.

Une violence qui ne s'arrête pas à l'écran

La violence du woman shaming ne s'arrête pas aux frontières du virtuel. Pour les victimes, anonymes comme célébrités, le coût psychologique est immense : anxiété, dépression, culpabilité et isolement.

Face à ce déferlement, beaucoup de femmes finissent par se sentir inférieures et non méritantes, et choisissent de s'autocensurer, de se retirer des espaces publics ou de modifier leur comportement pour complaire à la foule. Le shaming agit ainsi comme une arme de destruction massive, visant à maintenir les femmes dans un rôle de subordination et de discrétion, à la merci de tout agresseur.

Démanteler le tribunal à ciel ouvert

Le woman shaming ne reculera que lorsque le public refusera de participer à ces lynchages publics. Transformer un buzz malveillant en sujet de réflexion sociologique est un premier pas.

Le corps, la vie et la maternité des femmes n'appartiennent pas au domaine public.

Il est temps de démanteler ce tribunal à ciel ouvert et de rappeler cette règle fondamentale.